Lorsque j’embrasse

Lorsque j’embrasse un espoir,
Il m’abandonne en chemin ;
Nul bonheur ni jour de gloire
Ne jalonne mon destin…

Je te supplie, Dieu cruel,
De m’achever sans surseoir ;
Que je goûte les ténèbres
Puisque tel est ton dessein…

4 réflexions sur « Lorsque j’embrasse »

    1. Chère Akila,

      Cette mélancolie acerbe revient souvent sous la plume de Charles d’Orléans, et j’essaie pour ma part de rendre la force, la simplicité et la douce ironie avec lesquelles il a su l’exprimer.

      L’intitulé de la catégorie où j’ai rangé ce poème, un cœur vêtu de noir, est tiré de la dix-neuvième ballade de Charles d’Orléans. En la relisant, je fus surpris de constater que ton commentaire entrait en parfait accord avec elle : s’adressant à sa mauvaise fortune, notre poète y dit sa souffrance mais aussi le ferme espoir qu’il a de s’en défaire.

      Voici, de cette ballade, la dernière strophe et l’envoi :

      Ne m’espargniez donc en rien de rudesse !
      Je vous feray bien brief appercevoir
      Qu’auray secours d’un confort de Lyesse.
      Longtemps ne puis en ce point remanoir :
      Pour ce je metz du tout a nonchaloir
      Les grans maulx que me faittes sentir.
      Bien aurez dueil, se me voyez avoir
      Le plus grant bien qui me puist avenir.

      Je suy cellui au cueur vestu de noir
      Qui dy ainsi, qui que le vueille ouÿr :
      J’auray biefment, Loyauté m’en fait hoir,
      Le plus grant bien qui me puist avenir.

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