Venir me reprocher

Venir me reprocher d’en aimer deux ?
C’est un méchant procès que vous me faites !

J’aime un éclat de rire, un tour gracieux,
L’ondoiement d’une étoffe ou d’une mèche…

Je désire la prude et la coquette ;
Est-ce assez cependant pour l’amoureux ?

Je ne suis pas de ceux dont l’univers
S’éploie dans l’infini d’un même feu…

Après la pluie

Après la pluie, le ciel s’échancre,
L’ennui succède à la souffrance ;
Le pot se casse à trop servir,
Les plus beaux chants deviennent gris…

     Le temps s’en va, madame,
     Et jamais ne revient…

L’eau qui s’écoule est toujours neuve,
Tourne la chance et vienne l’heure ;
La rose fane avant l’été,
Tout en ce monde est vanité…

     Mais pour vos yeux, madame,
     Je brûlerai sans fin…

Je veux vous obéir

Je veux vous obéir
      Entièrement,

      Acceptez-moi
Pour chevalier servant !

Levez le petit doigt,
      Faites la moue,

      Je comblerai
Vos désirs les plus fous…

Et si jamais je manque
      A cet office,

      Votre courroux
Conduira mon supplice ;

Exigez l’impossible,
      Car je vous aime…